Affichage des articles dont le libellé est Jean-Michel Delacomptée. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Jean-Michel Delacomptée. Afficher tous les articles

mardi 1 mai 2018

La langue française


La langue d'aujourd'hui s'adresse-t-elle encore à la postérité, dans une foi moderne en l'avenir intelligent ?


Les anciens disaient "nos ancêtres ", nous disons "la postérité" écrivait Joubert au début du XIX° siècle. Quelques décennies plus tard, en 1872 exactement, Flaubert nuançait cette foi moderne en l'avenir intelligent dans une lettre à George Sand "car j'écris, non pour le lecteur d'aujourd'hui mais pour tous les lecteurs qui pourront se présenter tant que la langue vivra".


Nous sommes en 2018. J'ai lu l'ouvrage d'Alain Borer   "De quel amour blessée" et celui de Jean-Michel Delacomptée " Notre langue française ", et la question qui me vient irrésistiblement aux lèvres est la suivante : la communication règne, on s'exprime, on s'épanche, on échange comme jamais  mais la langue au sens de Flaubert respire-t-elle encore ?



France Culture, Répliques, 31 mars 2018.


jeudi 22 mars 2018

où se trouve la langue française ?


« Il est très difficile de faire comprendre aux gens cette indignation impersonnelle qui vous prend à l’idée du déclin de la littérature, de ce que cela implique et de ce que cela produit en fin de compte. Il est à peu près impossible d’exprimer, à quelque degré que ce soit, cette indignation, sans qu’aussitôt l’on vous traite d’“aigri” ou de quelque autre chose du même genre », écrivait Ezra Pound dans son pénétrant ABC de la lecture en 1966.


« Cinquante ans plus tard, que de l’état actuel où se trouve la langue française d’aucuns s’inquiètent, s’émeuvent ou se désolent, vous les verrez aussitôt accusés de pessimisme, de déclinisme, quand ce n’est pas de passéisme ou d’être de parfaits réactionnaires : automatisme épuisant autant que débile dès lors qu’il s’agit d’art et de beauté, ces vieilles lunes encombrantes autant qu’inutiles au nouveau monde contemporain tel qu’il va dans sa numérisation galopante et son amnésie programmée, la vitesse de sa pensée calculante et sa novlangue, mais surtout son formidable conformisme idéologique et moral infesté de servitude volontaire et de cynisme viral...»
(...)

, La Croix, 21 mars 2018.)