lundi 28 février 2022

Fuck

 L’Académie Française s’inquiète de l’essor des anglicismes dans la langue de Molière. Dans un rapport rendu public mardi 15 février 2022, elle en appelle à la prise de conscience collective, estimant que l’emploi de certains mots anglais en particulier dans le langage institutionnel fait peser le risque d’une fracture sociale et générationnelle. « Click and collect », « Drive », « Franceconnect », « Before », « Kit »… l’emploi banalisé de ces expressions met-il en péril la langue française ?

 

Julie Neveux, linguiste, maîtresse de Conférences à Sorbonne Université. Auteure de « Je parle comme je suis », ed. Grasset (septembre 2020).

→ France culture (listen)



mardi 22 février 2022

stop speaking franglais

 

The national linguistic watchdog, the Académie Française, has condemned the growing use of Franco-English or 'franglais' by public and private bodies. The Académie warns of the dangers of limited and overly simplified communication, saying it could further undermine social cohesion.

 

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"Pick-up station", "cluster", "bleisure", "drive-in". In recent years, anglicisms have flourished in institutional communication, and this is of particular concern to the centuries-old French language watchdog.
The report by six members of the body, adopted in early February and published online this week, warns that "today's communication is characterised by a degradation that must not be seen as inevitable".

In 30 pages, the report picks through dozens of messages from public bodies such as ministries, town halls, museums, universities, as well as private firms, highlighting examples of bilingual wordplay.

The report, entitled Pour que les institutions françaises parlent français, explains that "it is not a question of opposing the evolution of French and its enrichment through contact with other languages".The document states that "it is obviously necessary to accept the relatively large number of words acquired long ago in French, present in modern dictionaries, which cannot be considered as Anglicisms (...): design, fan, high-tech, job, kit, leader, meeting, outsider, pack, roller, shopping, test, top, thriller, zoom..."

 'Invasive anglicisation'

In charge of "defending the language of Molière", the Académie has identified "a worrying development", namely an "invasive anglicisation".

 "Many anglicisms are used in place of existing French words or expressions, inevitably leading to the gradual erasure of the French equivalents," said the body, which was founded in 1635 under King Louis XIII.

 "Aside from fashion and sport, the internet and digital field is unsurprisingly the most strongly and visibly 'anglicised'," the Académie said, dubbing tech terms "Californisms" such as "follower", "hashtag", "start-up", "kit de com."

 The Covid-19 pandemic has also brought about the use of a number of terms from English like "cluster", "testing" or "click and collect".

 English words themselves are "often distorted" to fit French pronunciation or syntax, the Académie notes, resulting in "the creation of hybrid forms that are neither English nor French", for example "Plug-in hybrid" or "éco-friendly".

 Fear of a social divide

What the Académie fears most is "a social and generational divide", as the French are far from proficient in English, especially among the elderly.

 In the document, it points out that access to English "concerns a small, privileged and educated fringe of the population".

 Some words require a certain level of English to understand concepts such as the term "bleisure", (a composite of "business" and "leisure").

 Sometimes this can make even fluent speakers stumble, as with the concept of a "drive piétons" (a "pedestrian drive-through", or pick-up point for products ordered online).

 Thus, the massive use of franglais in institutional communication risks creating "linguistic insecurity".

 The Académie also notes a deterioration in slogans used by these institutions since the 1980s.

 "English has become the new Esperanto. Advertisers think it's hip to use puns with Anglicisms, but it's a false sense of humour."

 The report mentions for example, the slogan "Unboring the future" used for the car manufacturer Peugeot, "France is in the air" for Air France, or "Ready to Ouigo?" (SNCF slogan) and so on.

 Jumbled syntax, influence of advertising

Overuse of English "has the contradictory consequence of risking both an impoverishment of French vocabulary and growing discrimination among sections of the public," the Académie adds.

 "By widely using an English vocabulary not understood by much of the public, online services contribute to stoking the defiance that has visibly developed in recent years towards all kinds of authorities."

 In addition to the lexicon, the report deplores "the consequences of a certain gravity on the syntax and the very structure of French".

 Académie Française denounces French ID card's 'unconstitutional' use of English

Why fighting 'franglais' is not just a war of words

With "the disappearance of prepositions" and "the deletion of articles", according to its observation, "syntax has been disrupted, which constitutes a real attack on the language.

 "The current language of communication is very strongly influenced, even contaminated, by that of advertising, which is at once very compact, limited and often simplifying."

 The Académie Francaise has become more assertive under permanent secretary Hélène Carrere d'Encausse about its mission "to protect the French language".

 In January, the institution threatened legal action against the government for including English translations of information fields on national identity cards.

 

Isabelle Martinetti
RFI 20/02/2022

 

 

mercredi 15 décembre 2021

Carpette

«Bienvenue à la table de grands défenseurs de la langue française.» Au cœur du sixième arrondissement de Paris, au deuxième étage de la brasserie française Lipp, se réunissent, ce mardi 7 décembre, neufs éminents défenseurs de la langue française et jurés de l'Académie de la Carpette anglaise, qui pointenté du doigt «un membre des élites françaises» pour son soutien à l'anglais au détriment du français. Et en fait avec ironie, son champion.

 

Après deux années blanches, le tour de table a pu reprendre cette année. Au bonheur de ses jurés, ravis de se revoir. Pour l'édition 2021, étaient en lice : Gérald Darmanin, ministre de l'Intérieur, qui a mis en place la nouvelle carte d'identité bilingue français/anglais, le dictionnaire Le Robert pour l'intégration du pronom «iel» dans ses colonnes numériques ainsi que la société Danone qui a remplacé sa gamme «Taillefine» par «Light & Free». Le tout poussé par une communication massive à base d'anglicismes «One Planet. One Health».

 

«Je me permets d'ajouter la région Île-de-France, est intervenu Albert Salon, ancien ambassadeur et actuel président de l'Avenir de la langue française. En 2018, la région a renommé le “pass Navigo” en “Navigo Easy”.» Pour Eugénie Bastié, comme pour Guillemette Mouren-Verret, l'adoption du «iel» par Le Robert est notable car elle témoigne de la «wokisation du langage». Après d'âpres débats et un double vote, Gérald Darmanin a finalement obtenu gain de cause. «La carte d'identité c'est important», ont noté les jurés. Il se voit ainsi lauréat 2021 de la Carpette anglaise, après la Banque postale qui en 2019 avait nommé un de ses services «My French Bank».

Les jurés se sont par la suite penchés sur le cas du lauréat du «prix à titre étranger», réservé aux francophones. Sur une proposition de Marc Favre d'Échallens, le nom de Michael Rousseau a été évoqué. En effet, le président d'Air Canada, a déclaré en novembre dernier : «J'ai été capable de vivre à Montréal sans parler français. C'est tout à l'honneur de cette ville». Des propos dont il s'est excusé après avoir créé la polémique dans ce pays où le français est une langue officielle au niveau fédéral.

 

Une proposition qui n'a pas convaincu Albert Salon. L'ancien diplomate a évoqué le nom de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. «C'est très grave, l'anglais a remplacé le français comme langue officielle dans presque toutes les institutions européennes». Alors que l'anglais n'est parlé désormais que par 1% des Européens après le Brexit, la langue de Shakespeare continue d'être majoritaire au sein des institutions européennes. «Ursula von der Leyen persiste et signe dans cette dynamique, nous aussi», s'insurge Marie-Josée de Saint-Robert, ancienne chef du service linguistique à l'ONU Genève. Un affront qui lui a valu pour la deuxième fois le prix de la carpette étrangère.


Voilà 20 ans exactement que l'Académie pointe ainsi du doigt les "déserteurs de la langue française". Au fil du temps, elle a établi un palmarès dont on ne sait s'il faut rire ou pleurer. Florilège.

- En 2000, le ministre de la Défense de l'époque, Alain Richard, oblige les militaires français à parler anglais au sein du corps européen dont ne fait partie aucun anglophone.

 - En 2004, Claude Simonet, président de la fédération française de football, choisit comme hymne de l'équipe de France la chanson Can you feel it.

- En 2006, le Conseil constitutionnel déclare le protocole de Londres sur les brevets conforme à la Constitution, ce qui permet à un texte en langue anglaise d'avoir un effet juridique en France.

- En 2007, Christine Lagarde, ministre de l'économie et des finances, communique avec ses services dans la langue de Shakespeare.

- En 2013, Tom Enders, président exécutif d'EADS (Airbus), s'adresse en anglais à ses salariés allemands, espagnols et français. Pour faire bonne mesure, la vidéo est sous-titrée... en anglais.


 Liste des membres du jury présents en 2019: Philippe de Saint Robert (écrivain, président du Prix), Marc Favre-d'Échallens (secrétaire général), Eugénie Bastié (journaliste), Paul-Marie Coûteaux (député honoraire), Yves Frémion (écrivain), Geoffroy Lejeune (journaliste), Guillemette Mouren (Défense de la langue française), Marie-Josée de Saint Robert (linguiste), Marie Treps (linguiste), Marie-Christine Vacavant (Cercle littéraire des écrivains cheminots). 

Marie-Liévine Michalik
Le Figaro,  07/12/2021

→ Académie de la Carpette...



dimanche 21 novembre 2021

Voix

 

Rythme, intensité, accent : comment les médias formatent la voix

Rythme de l’info continue, jeunisme, tempo pub... les médias de masse sont à la fois reflet et acteur du présent : sous la pression de la concurrence qui les assujettit au flux tendu, radios et télés font émerger de nouveaux formats de voix en se faisant l’instrument de leur normalisation.

 

 Pierre-Marc De Biasi.
4 décembre 2017.


vendredi 19 novembre 2021

iel

 


Le pronom « iel » ajouté par Le Robert dans son édition en ligne

L’entrée dans le dictionnaire du pronom non genré, contraction d’« il » et d’« elle », a été critiquée, mercredi, par Jean-Michel Blanquer. « La mission du Robert est d’observer l’évolution d’une langue française en mouvement, diverse, et d’en rendre compte », rétorque son éditeur.
Le Monde , le 17 novembre 2021


 Signe de sa vitalité »

« Iel », contraction d’« il » et d’« elle », est un « pronom personnel sujet de la troisième personne du singulier et du pluriel, employé pour évoquer une personne quel que soit son genre. L’usage du pronom iel dans la communication inclusive », peut-on lire sur le site du dictionnaire.